C'était au début de la maladie d'Alzheimer de Marguerite, ma femme. Pour lui remonter le moral, je lui ai demandé ce qu'il lui ferait plaisir, un voyage , un beau bijou ou toute autre chose qu'elle pouvait désirer. Voyant son peu d'enthousiasme, je me mis à réfléchir à ce que je pouvais lui proposer.
Plusieurs jours s'écoulèrent avant de trouver une solution qui me semblait pouvoir lui convenir. Pour être certain qu'elle soit réalisable financièrement, j'ai contacté ma banque pour avoir la valeur de notre patrimoine. Ayant constaté que je pouvais disposer d'une somme assez importante, j'en ai alors parlé à ma femme.
Tout d'abord, je lui ai fait remarquer que, malgré sa maladie, nous avions beaucoup de chance de vivre encore tous les deux, de ne pas avoir de problèmes d'argent, d'habiter dans une maison assez convenable située près de la mer et dans une belle région, d'avoir pu fêter nos soixante et un ans de mariage et qu'en plus nous avions quelques économies. Je lui ai ensuite demandé si elle serait contente qu'une partie de ces économies soit utilisée pour construire ou rénover une école dans un pays sous-développé.
Ma femme a tout d'abord était surprise, même incrédule, ne pouvant pas réaliser que nous, pauvres petits enseignants, pouvions accomplir ce projet. Pourtant, petit à petit, elle s'y est intéressée, me demandant quelle somme je pouvais investir, dans quel pays et surtout, ma femme n'a jamais aimé se faire remarquer, ce que les gens allaient en penser.
Dès mon plus jeune âge j'ai eu un faible pour le Sénégal car l'histoire des tirailleurs sénégalais m'avait été contée et depuis j'ai toujours eu pour eux une grande gratitude. Venus d'un pays où il fait très chaud, beaucoup d'entre-eux sont morts, dans la boue et la neige, au cours de la guerre de 1914-1918 pour défendre la France. C'est donc pour cela que j'ai contacté l'ambassadeur du Sénégal à Paris.
Consulat Général du Sénégal en France
Cher Monsieur,
J'ai bien reçu votre lettre du 04 mai 2004 par laquelle vous me demandez de vous mettre en relation avec les dirigeants d'un village ou d'une petite ville, disposant d'une école pouvant recevoir votre don de 40 000 000 francs CFA.
Je vous remercie vivement de l'intérêt que vous portez à mon pays et du geste plein de générosité que vous vous apprêtez à faire en direction de la jeunesse sénégalaise.
A cet effet, j'ai transmis votre offre aux autorités de la ville de Guinguinéo qui ne manqueront pas de prendre contact avec vous.
En attendant, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l'assurance de ma très haute considération.
Signature : Le Consul Général Adama Sarr
Accords avec la ville de Guinguinéo
Le 17 août 2004, j'ai envoyé une attestation manuscrite pour certifier que la somme de 40 000 000 francs CFA sera versée intégralement.
En retour, j'ai demandé de me faire une lettre, ayant le cachet de la ville de Guinguinéo, signée par Monsieur le Maire et le conseil municipal où ils s'engageaient à respecter les conditions suivantes : l'école devra obligatoirement porter le nom de ma femme, Marguerite Gaspérini. A l'entrée de cette école, un panneau sera installé avec l'inscription suivante "Ecole Marguerite", celle-ci devra toujours apparaître clairement. Au cas où l'école s'agrandirait, elle devra toujours porter le même nom. Au cas où l'école serait détruite, l'emplacement portera le même nom. L'école et le lieu ne pourront être débaptisés pendant une période de cent ans. La construction de cette école doit être réalisée avant septembre 2006.
Si ces conditions ne sont pas respectées, la ville de Guinguinéo devra me rembourser, ou s'il y a lieu mes héritiers, la somme versée avec un intérêt de 4% par an.
Je me réserve une somme de 10 000 euros que je remettrai à la ville de Guinguinéo après avoir constaté par moi-même, ou par mes héritiers, que les travaux sont bien terminés et dans des conditions acceptables.
Premier voyage au Sénégal
Je suis allé, en octobre 2004, une semaine à Guinguinéo, je voulais voir si les travaux avaient commencé et j’ai été surpris de constater
que, certaines fondations étaient déjà coulées, qu’il y avait de nombreux parpaings, fabriqués manuellement, sur le terrain et la construction de quelques murs. La disposition des classes avait
été changée mais cela me convenait. J’ai rencontré Monsieur Baldé Oumar, Chef du Service Régional des travaux Publics de Fatick, qui devait surveiller les travaux et nous avons convenu
ensemble de certains détails, j'ai demandé que l'on fasse un wc supplémentaire et, ne voulant pas que l'école ressemble à une prison, que la hauteur du mur de clôture ne dépasse pas 1,5 m.
J'ai proposé, aussi, qu'avec la surface du mur économisée ( 200 m²), si c'est possible, que l'on construise une habitation pour le directeur. Je suis revenu de ce voyage, très satisfait de
l’accueil que j’avais eu et des travaux réalisés.
Deuxième voyage au Sénégal
L’inauguration a été très grandiose, une tribune recouverte de toile pour les personnalités, ( deux Ministres, le Gouverneur de la Région de Fatick, l’Inspecteur D’Académie de Fatick, le Préfet Départemental de Cossas, l’Inspecteur départemental de l’Education de Cossas, les Conseillers Municipaux, le Président de l’A.P.E. Communal, le père de la Mission Catholique, enseignants et divers notables ) et des toiles de tentes pour les Habitants de Guinguinéo, je pense qu’ils étaient plus d’un millier. Nous avons eu droit à de nombreux discours, ponctués par des rafales de tambour exécutées par un ensemble d’une dizaine de personnes.
Je pense que Monsieur le Maire de Guinguinéo, Monsieur Souleymane N'Déné N'Diaye, Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet du Président de la
République du Sénégal, a profité de l’inauguration de l’école « Marguerite » pour faire une importante propagande sur la gestion de sa ville et de sa famille politique. De
nombreuses banderoles glorifiaient le Président de la république et différentes personnalités, pas une seule sur la bienfaitrice de l’école « Marguerite ».
Cliquer Ici : Inauguration Ecole Marguerite Guinguinéo
Sénégal
Cliquer ici : Suite : Inauguration Ecole Marguerite Guinguinéo Sénégal
Cliquer ici : Excursion vers la Mer à
Saly
Cliquer ici : Suite : Excursion vers la Mer à Saly
Je suis allé quatre fois, au cours de mon séjours visiter l’école Marguerite et à chaque fois j’en revenais de plus en plus démoralisé par la mauvaise qualité de la
construction : les devis et les plans n’étaient pas respectés; il y avait substitution de matériaux; l'enduit tyrolien était mal fait et absent sur certaines
surfaces; le chaînage du mur de clôture, le cabinet de toilette du directeur et sa fosse septique et les placards des salle de classe n'étaient pas réalisés, la finition du peu de
peinture qui avait été faite était de mauvaise qualité; l'intérieur de 5 classes n'était pas terminé, la fixation du portail était déplorable, etc… ect…
C'est pour cela que j'ai refusé de donner les 10 000 euros ( je signale que je les avais sur moi ) que je devais remettre à la fin des travaux si ceux-ci étaient terminés dans des conditions convenables. Je n'ai pas rapporté cet argent en France car je ne voulais pas que l'on puisse croire à un manque de loyauté de ma part, je l'ai déposé dans une banque de Saly avec 1000 euros de plus.
Conseiller Municipal de la ville de Guinguinéo
Ma jeunesse ressemble considérablement à celle de beaucoup d'habitants de votre ville. Mes parents étaient des émigrés italiens, très pauvres, notre maison était un baraquement où le vent passait entre les planches, il n'y avait ni eau ni électricité et les toilettes étaient au fond du jardin et croyez-moi, lorsqu'il faisait une température de - 15 ce n'était pas facile de s'y rendre. Mes études ont été très limitées, j'ai quitté l'école à 12 ans et fait un petit apprentissage de tourneur. La grande chance de ma vie c'est d'avoir connu ma femme, future institutrice, ensemble nous avons beaucoup travaillé, le soir après notre labeur quotidien, pour que je devienne professeur technique et construire deux maisons dans lesquelles de nombreux travaux ont été exécutés par nous-mêmes au cours des week-ends et vacances scolaires Nous avons eu quelques difficultés dans la vie mais, le destin ayant été bienveillant, nous avons pu les surmonter.
Voici quelques année, les médecins ont diagnostiqué que ma femme était atteinte de la maladie d'Alzheimer, voulant lui faire plaisir je lui ai proposé de prendre une partie de nos économies, obtenues par la vente d'une de nos deux maisons, pour construire une école dans un pays où il en manquait. Après m'avoir posé quelques questions pour savoir si cela pouvait être réalisable, elle a été enchantée par cette idée.
Je dois beaucoup à ma femme et c'est pour cette raison que je ferais tout, je dis bien tout, mon possible pour que l'école « Marguerite » soit conforme au contrat signé par Monsieur le Maire et 24 Conseillers Municipaux et par moi-même.
Lors de notre voyage pour l'inauguration de l'école, j'ai été très choqué de constater que certains travaux avaient été exécutés d'une façon lamentable et d'autres inexistants, C'est pour cela que j'ai refusé de donner les 10 000 euros ( je signale que je les avais sur moi ) que je devais remettre à la fin des travaux si ceux-ci étaient terminés dans des conditions convenables. Je n'ai pas rapporté cet argent en France car je ne voulais pas que l'on puisse croire à un manque de loyauté de ma part, je l'ai déposé dans une banque de Saly avec 1 000 euros de plus.
J'ai eu plusieurs contacts me demandant de verser cet argent, j'ai refusé nettement, il ne sera versé que si le contrat est respecté suivant les plans et devis que j'ai en ma possession.
Je ne veux accuser personne mais je suis profondément troublé par la façon d'agir de Monsieur le Maire pour la question argent et par la similitude de certains travaux. Monsieur le Maire n'a pas d'argent pour finir les travaux de l'école mais, pendant la même période, il en trouve pour agrandir d'une façon importante la maison familiale à Kaolac.
J'ai 82 ans, peut-être qu'avec l'âge suis-je devenu un peu simple d'esprit ? Mais depuis l'inauguration de l'école il y a, en moi, une petite voix qui me dit : et si Monsieur le Maire avait récupéré une partie de l'argent de l'école pour faire construire cette maison familiale ?
Une grosse voix lui succède et elle me dit : ce n'est pas possible car Monsieur le Maire possède certainement une grosse fortune, ne m'a-t-il pas signalé dans nos diverses conversations qu'il avait acheté un terrain et son appartement à Dakar, qu'il avait une voiture, une grosse 4/4 qui paraît-il a coûté 50 000 000 de francs CFA et qui consomme pas mal de carburant, qu'il allait faire construire une maison sur un terrain que j'ai visité avec lui et où j'ai pu constater qu'il était entouré d'un mur et sur lequel plusieurs personnes travaillaient, ce terrain se trouve dans une ville entre Dakar et Kaolac et la grosse voix d'ajouter, Monsieur le Maire possède aussi une belle maison et un grand terrain à Guinguinéo et de plus il a, à son service, deux servantes une à Dakar et l'autre à Guinguinéo, un chauffeur pour emmener ses enfants à l'école et peut-être aussi, a-t-il d'autres biens que je ne connais pas ? Puis la grosse voix me fait remarquer que pour mener ce train de vie, il faut être riche.
Mais la petite voix, toujours suspicieuse, lui répond : alors pourquoi a-t-il de l'argent pour financer la maison familiale et qu' il n'en a pas pour finir la construction de l'école ? J'aimerais aussi connaître combien gagne un ministre d'état et la valeur de ses impôts pour se permettre un tel train de vie ?
La grosse voix pour se débarrasser de la petite voix lui dit : nous verrons au mois de septembre, si les travaux sont réalisés, conformes au contrat, ta suspicion ne sera plus valable et tu n'auras plus qu'à envoyer une lettre à tous les Conseillers Municipaux pour leurs dire que tu avais eu de mauvaises pensées.
La petite voix avec un peu de pessimisme : c'est avec un réel plaisir que je le ferai. Puis, après un moment de réflexion elle ajouta, prendre l'argent destiné pour l'éducation des enfants, pour son profit personnel, est un sacrilège et un acte avilissant et très nuisible pour le Sénégal car c'est par l'éducation que l'on pourra diminuer sa pauvreté. C'est ainsi que se termina cette petite conversation.
Comme vous le voyez Monsieur______________________ la finition de l'école me pose beaucoup de soucis. Connaissant maintenant un peu plus le Sénégal, je pense que,seul, vous ne pouvez pas faire grand chose , mais je dois quand même vous signaler que vous avez également signé la feuille certifiant la régularité du contrat et que votre devoir est de respecter votre signature. Je vous signale également que ce don, que j'ai aimablement offert, est adressé à tous les habitants de Guinguinéo et que si le contrat n'est pas respecté, vous vous faites du tord à vous même et, ce qui est plus grave, à vos enfants et petits-enfants etc.... Je pense que si tous les Conseillers Municipaux pouvaient former un seul bloc, pour vérifier l'avancement et la finition des travaux, ceci serait profitable à tout le monde. Une personne seule ne peut diriger un pays démocratique.
Encore quelque chose qui chiffonne la petite voix :
J'ai promis à Monsieur Cissé Amadou et à Monsieur Alioune Badara Simal, Directeur de l'école « Marguerite » de verser de suite 1 000 euros, c'est à dire près de 660 000 francs CFA, sur un numéro de compte bancaire si celui-ci était au nom d'une association de Parents d'Elèves de l'école « Marguerite « cette somme serait utilisée pour aider les élèves de celle-ci. Mais j'ai l'impression que quelqu'un les en empêche, on préfère priver les enfants de cet argent que de permettre à l'association d' avoir un capital et de le gérer par elle même. La lettre a été envoyée le 25/11/2005.
Voici quelques imperfections que j'ai constatées dans la finition des travaux :
- que sur certaines parties de la clôture, l'enduit tyrolien n'était pas fait
- que le chaînage du mur n'existait pas. Celui-ci doit être réalisé suivant le croquis que je vous envoie. Le mur devait avoir, suivant les plans, une hauteur de 2 mètres, mais j'avais demandé qu'il ne fasse que 1,5 mètre et qu'avec l'économie obtenue ( 200 m² ) on pouvait peut-être faire la maison du directeur, celle-ci n'ayant pas été faite, je pense que le mur pourrait être amélioré ( voir croquis ). Il faut noter aussi que la maison du directeur a été promise par le chef de l'état comme le disait, dans son discours, Monsieur le Maire au cours de l'inauguration de l'école.
-
que le dessus du mur est dans un état déplorable.
-
que les portes et fenêtres n'avaient pas été nettoyées avant d'être peintes, il reste de nombreuses traces d'enduit tyrolien.
-
que la peinture n'était pas terminée.
-
que l'intérieur de 5 classes n'était pas fini. ( et les placards ? )
-
que la fixation du portail était de mauvaise qualité.
-
que l'entrée des WC était déjà détériorée et ils ne sont pas conformes aux plans.
-
que le cabinet de toilette du directeur et sa fosse septique manquaient.
-
que l'eau n'arrivait pas à l'école.
-
Il y a certainement d'autres imperfections mais, n'étant que de passage, je n'ai pu tout vérifier...
Dans la lettre que j'ai envoyée le 17 août 2004 il y est aussi spécifié que, si les travaux ne sont pas terminés dans des conditions acceptables avant septembre 2006, la ville de Ginguinéo devra me rembourser les sommes versées avec un intérêt de 4%.
J'ai toujours tenu parole avec mes engagements, à vous et particulièrement à Monsieur le Maire de tenir les siens. Un procès pour
dilapidation, de biens destinés à des enfants pour leur éducation, ne serait pas d'une bonne publicité pour la ville de Guinguinéo.
Naturellement, je ne pense pas que vous êtes responsable de cette polémique mais
votre signature vous devez la faire respecter, si vous êtes un homme d'honneur.
Je souhaite de tout cœur que, dans quelques mois, toute cette histoire se terminera à la satisfaction de tout le monde et c'est alors, sans arrière pensée, que nous pourrons nous réunir pour boire, tous ensemble, le verre de l'amitié en l'honneur de l'école « Marguerite ».
Je vous prie d'accepter Monsieur___________________________, que j'espère connaître un jour, mes sincères salutations.
Mario Gaspérini
PS : je demandais, que l'on vous envoie une copie de la lettre que j'ai envoyée à la mairie, l'avez- vous reçue ?
En plus de cette lettre, je vous envoie une photocopie :
- de ma lettre du 17 août 2004
- de la lettre que j'envoie à Monsieur le Maire.
- du croquis pour améliorer et modifier le mur de clôture.
- des plans et devis de l'école ( seuls deux conseillers les recevront, tirés au hasard pour éviter vraiment des frais d'expéditions, Mr Samba Ba et Mr Amady Diop ). Je charge ceux-ci de les faire connaître.
- des signatures des Conseillers Municipaux.
J'ai oublié de signaler, qu'à la fin des travaux je ferai appel : à un architecte, à un artisan maçon et à un artisan peintre pour vérifier si tous les travaux sont tous exécutés et dans des conditions acceptables. Ceci, pour montrer mon impartialité en cas de procès contre la ville de Guinguinéo. Mais j'espère que tous le monde fera un effort pour que cela n'arrive pas.
Mes sincères salutations.
Mario Gaspérini.
Je suis aussi troublé par votre conduite, plusieurs fois vous avez fait appel à moi pour de l'argent tout en sachant que les travaux n'étaient pas terminés.
Monsieur Souleymane vous êtes certainement beaucoup plus intelligent que moi, puisque vous êtes ministre et que moi je ne suis qu'un modeste employé de l'éducation mais, je vous en prie, faites-moi l'honneur de ne pas me prendre pour un parfait imbécile.
J'ai toujours été loyal envers vous et je pense que vous, vous ne l'êtes pas. C'est pour cette raison que j'ai écrit une lettre à tous les Conseillers Municipaux de votre ville pour qu'ils sachent que je suis profondément troublé par votre conduite.
Si les travaux sont tous terminés et ceci dans de bonnes conditions pour septembre 2006 j'écrirai à tous les Conseillers Municipaux pour leur dire que les doutes que j'avais n'étaient pas valables et que je fais amende honorable et je vous remettrai les 10 000 euros. Dans le cas contraire, l'argent que j'ai laissé au Sénégal sera utilisé pour faire un procès à la ville de Guinguinéo, c'est à dire à vous, puisque c'est vous qui détenez l'argent et croyez-moi j'y mettrai toute mon énergie. Vous êtes avocat et vous savez qu'un procès, pour avoir dilapidé de l'argent destiné pour l'éducation des enfants, laisse toujours des traces. Ne pensez-vous pas que cela pourrait, peut-être, nuire à votre carrière politique ?
Plusieurs fois, je vous ai entendu dire que vous vouliez faire de l'école « Marguerite « une école modèle, et pour me démontrer que j'avais complètement tord pour ces doutes, faites installer des ventilateurs dans chaque classe, vous m'en aviez parlé voici un an. Je pense que ce serait une preuve de votre bonne foi et une petite participation de la ville de Guinguinéo pour la construction de cette école.
Je souhaite que cette situation se décante pour le bien de tous et que si nous nous rencontrions un jour, nous puissions nous serrer loyalement la main.
Recevez, Monsieur le Maire, mes sincères salutations.
Troisième voyage au Sénégal
Je n’en n'étais pas certain, mais comme je prévoyais qu’il y aurait quelques problèmes, nous sommes partis, ma femme et moi, pour un séjour
de quatre semaines le trois novembre 2006. C’était une bonne décision, car des problèmes il y a en eu !
Le 8 novembre, comme je le signalais dans ma lettre du 12 février, je suis allé visiter les travaux, accompagné par un technicien du bâtiment et par un artisan maçon, l’artisan peintre s’étant désisté au dernier moment,
La petite voix avait raison.
J’ai convoqué la presse le 16/11/2006 à l’école « Marguerite », plusieurs journalistes se sont présentés, je leur ai montré les différentes malfaçons et j’ai fait une déclaration qui a été diffusée le lendemain.
Certains travaux sont inexistants et d’autres ont été réalisés dans des conditions déplorables ce qui fait que des dégradations sont apparues au bout de quelques mois. Ce qui est grave, c’est que l’on ne pourra faire que des réparations approximatives ou alors il faudrait démolir l’école.
Je peux dire que certaines personnes ont eu un profit de plusieurs millions.
Heureusement, dans le contrat que j’avais passé avec le Maire de Guinguinéo, j’avais stipulé que je garderais une réserve de 6 560 000 F cfa que je remettrais à la fin des travaux si ceux-ci étaient correctement exécutés. Cet argent se trouve dans une banque de Saly.
J’accuse Monsieur Baldé Oumar, chef des services des travaux publics de Fatick qui devait surveiller les travaux de ne pas avoir fait son travail. Ce Monsieur doit être d’une incompétence totale pour ne pas avoir remarqué ces malfaçons .
J’accuse, aussi, Monsieur Baldé Oumar d’avoir effectué un chantage sur ma personne, et comme je n’ai versé qu’une petite part de la somme demandée, 100 euros au lieu de 500 euros, d’avoir volontairement fermé les yeux sur les travaux non conformes et sur ceux qui n’ont pas été réalisés.
Monsieur le Maire de Guinguinéo,
Ayant constaté que de nombreux travaux avaient été exécutés d’une façon vraiment déplorable, je vous signale que j’ai demandé à une entreprise de Saly de me faire un devis pour, si possible, réparer tous ces défauts de construction.
Je pense que l’argent que j’ai à la banque de Saly ne suffira pas. Je vous demande de faire parvenir à Monsieur Joseph-Paul Coquereau :Saly Poutudal BP 1773
M’ Bour - Sénégal - Tél. : 957 49 53
une somme de 5 000 000 F cfa. Celle-ci, j’en suis certain, est inférieure à la somme que vous avez détournée. Il serait souhaitable qu’elle soit prise sur vôtre fortune personnelle car il ne serait pas normal que la Mairie, c'est-à-dire les habitants de Guinguinéo la paie, ils ne sont pas responsable de ce détournement.
Le devis est estimé à environ 11 000 000 F cfa, j’y participe avec une somme de 6 560 000 000 F cfa. Après ces travaux, je pense que l’école « Marguerite » sera complètement rénovée
Toutes les factures vous seront remises et s’il reste de l’argent je le donnerai à l’association des Parents d’Elèves de l’école.
Au cour d’une visite à l’école « Marguerite », j’ai constaté qu’il y avait un tas de sable. Il paraît que vous voulez faire des travaux. Pourquoi maintenant ? Je vous conseille de n’en rien faire. J’ai fait établir un constat des travaux à reprendre et je veux m’en occuper moi-même car je n’ai plus confiance en vous et en Monsieur Baldé Oumar. Si vous n’acceptez pas cette solution, je vous prierai de me rembourser, non pas 33 000 000 F cfa comme vous le dites dans un journal mais, 48 456 000 F cfa.
Voir les journaux pour plus d’information.
Seul je ne peux vous poursuivre en justice, mes économies étant limitées car je dois penser à m’installer, bientôt, dans une maison de retraite. Mais je demanderai de l’aide en contactant les journaux pour qu’il y ait une souscription dans le pays, je suis certain que je serai entendu, pour récolter de l’argent et je pourrai alors vous confondre vous et Monsieur Baldé Oumar.
Vous n’avez tenu aucun compte de mes observations que j’avais faites dans ma lettre du 12-02-O6. Si cette affaire est devenue si importante, vous en êtes le seul responsables.
Pourquoi vouloir faire des travaux alors que vous aviez dit que tout était terminé ?
Pourquoi vous ne portez pas plainte contre moi pour diffamation ?
Mario Gaspérini
Le matin du 29-11-06, accompagné de quelques personnes à qui je voulais montrer les défauts de la construction et voulant prendre quelques photos pour conforter mes accusations, je me suis trouvé devant un comité de trois personnes plus le directeur pour m’interdire l’entrée de l’école, un des personnages, qui avait une matraque à ses pieds, m’a même menacé en me disant : si tu mets un pied là, et il m’a montré une partie de l’entrée, je te casse la gueule.
Voilà ce que l'on peut dire de l'action de Monsieur Souleymane N'Déné N'Diaye, Maire de Guinguinéo, Ministre d'Etat, Directeur de Cabinet du Président de la République du Sénégal.