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Jeudi 22 mars 2007 REGRETS et INCOMPREHENSION,
Au fur et à mesure de la construction de l’école « Marguerite » nous, ma femme et moi, faisions, comme Perrette et le pot au lait, des projets pour que cette école puisse être aidée après notre départ vers le pays d’où l’on ne revient pas. Nous projetions de créer une association, au Sénégal, de parents d’élèves de l’école « Marguerite » pour s’occuper, avec la municipalité, de sa gestion (entretien et propreté des locaux, discipline, vêtements, récompenses, voyages pour les enfants etc…). Nous projetions aussi la création en France d’une petite association, avec des parents, des amis, des voisins pour aider, l’association des Parents d’Elèves, financièrement. Pour ma part, j’avais promis d’envoyé tous les ans, jusqu’à mon décès, 1 000 euros (655 957 F cfa).
Très sincèrement, j’aurais aimé faire un bout de chemin avec les habitants de Guinguinéo en les aidant avec mes faibles moyens pour que leurs enfants aient une scolarité convenable mais, par la faute de quelques personnes, qui n’ont tenu aucun compte de l’avenir et du bien être des enfants, qui n’ont pensé qu’à leur propre intérêt en exploitant la situation pour satisfaire leur ambition et améliorer leur compte en banque, tout s’est désagrégé, tout a été balayé et par similitude, comme pour Perrette et son pot au lait qui s’est dit : adieu veau, vache, cochon, couvée, on peut écrire : adieu enfants, associations, aides, école modèle.
LES RESPONSABLES
Monsieur le Maire et les Conseillers Municipaux.
Ce sont les plus responsables de cet état de fait, je l’explique au début de ce blog, Monsieur Souleymane Ndéné Ndiaye, Maire de Guinguinéo et les Conseillers Municipaux n’ont pas fait leur travail.
C’est aussi, pour d’autres personnes, un manque de loyauté, de reconnaissance et par un certain libéralisme de l’argent destiné aux enfants que j’ai été touché moralement. Cela mérite quelques explications :
Association des Parents d’Elèves :
je leur avais promis, s’ils obtenaient un numéro de compte bancaire de leur remettre aussitôt 1 000 euros (655 957 F cfa) cette somme a été envoyée le 05/05/2006. Dans une lettre du 25/11/2005 j’avais bien spécifié que cet argent devrait être utilisé pour les enfants (vêtements, récompenses, déplacements). Le 10/08/2006 j’ai reçu un courrier du Président des Parent d’Elèves, Monsieur Amadou Cissé, m’annonçant qu’ils avaient fait une fête de fin d’année et qu’elle avait coûté 580 000 F cfa dont 137 000 F pour l’achat de vêtements, ce qui était très bien mais ce qui m’a profondément choqué c’était une dépense d’environ 420 000 F pour la fête dont 110 000 F pour un bœuf.
Au cours de mon troisième voyage au Sénégal, le 16/11/2006, j’ai demandé s’il y avait la possibilité de réunir les Parents d’Elèves avec leur Président et j’ai été très heureux de constater qu’ils étaient nombreux au rendez-vous. Je me suis permis de formuler quelques critiques sur la façon de gérer l’argent que j’avais envoyé, j’étais d’autant plus affligé que je venais d’apprendre par le directeur de l’école que ses élèves, dont la rentrée s’était effectuée depuis plus d’un mois, n’avaient pas encore reçu leur livre de classe. J’ai essayé de faire admettre, par l’assemblée, qu’il aurait été plus judicieux d’acheter des livres qu’un bœuf mais, je pense, que c’était peine perdue car pour eux il fallait fêter la nouvelle école, ils avaient oublié que l’inauguration s’était déroulée, d’une façon grandiose, avec deux ministres, de nombreuses personnalités et certainement plus de mille personnes un an auparavant. J’ai également tenu à leur dire que l’association avait le devoir de formuler un avis sur l’état des bâtiments et sur la propreté car les toilettes, à mon arrivée ( 10 heures du matin), n’étaient vraiment pas propres et qu’ il y avait un tas d’immondices, près des du bloc sanitaire et entre le mur entourant l’école et certains bâtiments, qui avait été laissé par les ouvriers qui avaient construit l’école.
Mes critiques n’ont pas été appréciées car, depuis, je n’ai plus aucune nouvelle de l’association.
Le Directeur de l’école « Marguerite »
Malgré que les toilettes étaient bien sales ( 10 h du matin), je dois admettre que le nouveau Directeur de l’école « Marguerite », Monsieur Aziz Diop, m’avait fait une bonne impression lors de notre première rencontre le 8/11/2006 et lorsque je lui avais demandé s’il était un partisan de Monsieur le Maire sa réponse, que j’ai appréciée, fut nette et précise « ceci n’a pas d’importance, c’est d’abord l’école qui compte ». Malheureusement ces belles paroles ne furent pas toujours respectées par la suite.
L’association des Parents d’Elèves n’ayant pas organisé de voyage pour les enfants comme je le suggérais dans une lettre j’ai décidé, pour leurs faire plaisir et qu’ils gardent un bon souvenir des Français, d’en organiser un. J’ai demandé au directeur s’il était possible de préparer ce voyage pour les enfants en lui spécifiant que je prenais à ma charge le transport, le petit déjeuner du matin, le déjeuner des enfants ainsi que des accompagnateurs. Le directeur a été de suite d’accord à condition qu’il puisse avoir l’autorisation de son inspecteur.
Après concertation, il fut décidé que l’on irait passer une journée sur la plage attenante à l’hôtel Royam situé à Saly (Mbour) à environ 130 km de Ginguinéo. Je résidais dans cet hôtel et j’avais demandé à la direction si les enfants pouvaient y passer pour rejoindre la plage, la permission me fut accordée facilement.
Le jour J, je pense que c’était le 25/11/2006, une collation avait été préparé à l’école, le matin avant de partir, pour être certain que les enfants ne voyageraient pas avec le ventre vide puis ils prirent le bus. Ils étaient accompagnés par le Directeur et son adjointe, le fils de celle-ci, la femme et la nièce du Directeur, un photographe et son aide : un jeune étudiant.
Le voyage s’est effectué sans problème, le bus est arrivé à l’hôtel vers 12 h 30. Les enfants se mirent en rang, placèrent leur panneau, avec l’inscription « Ecole Marguerite » en tête, se mirent à chanter une chanson en l’honneur de leur marraine (cette chanson avait été créée par le premier Directeur, Monsieur Alioune Badara Simal), passèrent devant l’accueil de l’hôtel, devant la piscine et prirent la direction de la plage.
Je pense que les enfants, qui n’avaient certainement jamais vu la mer, se souviendront toute leur vie de ce premier contact, il faisait un temps magnifique, la vue était splendide, la plage avec ses palmiers, les bateaux de plaisance, le mouvement des vagues, les enfants, pendant un moment, ont été figés comme envoûtés par la beauté du lieu puis ils se lancèrent vers la mer et firent comme elle : elle se retirait ils avançaient, elle revenait ils reculaient en criant, en sautant, en se bousculant car ils avaient peur de se mouiller, leur joie faisait vraiment plaisir à voir, et cette gymnastique a duré un bon moment.
Pour le déjeuner, Monsieur le Directeur, sa femme, l’adjointe du Directeur avaient bien fait les choses, ils avaient acheté les aliments et préparé les repas pour diminuer mes dépenses, je les en remercie encore, pour le dessert il y avait une banane et j’avais stocké, dans une glacière, des cornets glacés. De voir comment les enfants manipulaient ces cornets je pense que c’était, aussi, une découverte pour eux.
Un peu plus tard dans l’après midi une amie, Michelle Etourneau, qui était venue nous rejoindre, est arrivé à décider le fils de l’institutrice, qui était un peu plus âgé que les autres enfants, à se baigner, ce jeune garçon a montré rapidement qu’il n’avait pas peur de l’eau et qu’il avait de bonnes dispositions pour apprendre à nager. Le photographe et son aide se mirent également à l’eau et Michelle passait de l’un à l’autre pour donner quelques conseils. Les autres enfants, filles et garçons, voyant cela, commencèrent à se baigner les pieds puis, petit à petit, les robes et pantalons valsèrent pour se retrouver en slip, quelques garçons qui n’en avaient pas retroussèrent leur pantalon au dessus des genoux et tout ce monde se mit à barboter dans l’eau.
Ce qui suivit me montra que parmi les touristes, qui se bronzaient sur la plage, beaucoup avait de la compassion pour ces enfants car ils, femmes ou hommes, vinrent spontanément, en prenant un enfant par la main, l’aider à pénétrer dans l’eau, à ne pas en avoir peur et à lui montrer quelques mouvements de la brasse. Je remercie très sincèrement ces touristes car ce spectacle était magnifique.
Le soir vers six ou sept heures ils prirent le chemin du retour et la dernière vision que nous avons eu de ces enfants ce sont des bras qui s’agitent et chantant la chanson dédiée à leur marraine Marguerite.
Cette journée sera certainement enregistrée dans ma mémoire parmi les plus belles de ma vie mais, malheureusement, elle sera un peu ternie par la suite.
Quelques instants avant de partir j’avais demandé au Directeur de l’école, si cela était possible, qu’en fin d’année chaque enfant de l’école fasse un petit dessin ou écrive un petit texte et que tout soit envoyé à leur marraine car cela, comme sa mémoire étant déficiente, lui rappellerait cette journée, Le Directeur m’a répondu qu’il y avait déjà pensé et qu’il le ferait.
Ma
femme n’a jamais rien reçu.
Les vigiles
Photo de Gauche au premier plan : deux personnes qui m'accompagaient, en jaune et en grenat, ce dernier me fait signe de ne pas avancer car les vigiles étaient assez virulents.
Et pourtant on m’avait répondu (voir ci-dessus) « c’est d’abord l’école qui compte ».
Ils étaient Quatre avec le Directeur, celui-ci se tenait sur le seuil de la porte d’entrée et n’a fait aucun mouvement, ni dit aucune parole pour empêcher ses trois acolytes de m’interdire l’entrée de l’école que j’avais pourtant fait construire. C’est très difficile de l’imaginer, mais ces personnages n’ont pas dû réaliser :
-que l’action que je menais contre le Maire de Guinguinéo aurait dû être entreprise par eux car ce n’était pas moi qui était dépouillé, l’argent ayant été versé, c’était aux habitants de la ville de vérifier s’il était employé judicieusement.
- que les enfants, peut-être les leurs, qui devaient avoir une école modèle n’en avaient qu’une copie.
- que l’argent qui avait été déposé sur le compte bancaire de Monsieur Souleymane Ndéné Ndiaye, Maire de Guinguinéo, n’avait pas dû être complètement utilisé suite à la mauvaise qualité des matériaux et des travaux. Les profits où sont-ils passés ?
- que pour toutes les réparations qui devront être faites dans peu de temps, (exemple : le défonçage des dalles des 6 classes a déjà était fait et pourtant elles avaient à peine un an d’existence) à cause du mauvais état de la construction, qui payera ? L’argent sera-il pris sur le compte de Monsieur le Maire ou sur celui des habitants de Guinguinéo ?
- que pour enrichir un individu, ils détruisaient un projet qui avait pour seule ambition de les aider.
Ces vigiles, ont-ils pensé à tout cela ? Je ne le pense pas.
Le photographe, Monsieur Chérif Seye de Guinguinéo.
Pour la réunion avec l’association des Parents d’Elèves j’avais demandé à un photographe de venir faire quelques photos, c’est son aide, jeune étudiant, qui est venu. Celui-ci, ayant été averti que je voulais organiser un voyage pour les enfants, m’a demandé s’il pouvait y participer, qu’il ferait des photos et aussi un film. Naturellement j’ai accepté.
Le jour J il était là, accompagné par son patron, ils ont fait de nombreuses photos est certainement plusieurs CD. Je les ai moi-même filmé, à leur demande, en train de s’ébattre dans la mer.
En fin de journée, j’ai demandé au photographe combien je lui devais, il m’a répondu 40 000 F cfa , j’ai trouvé que c’était un peu exagéré surtout que j’avais payé leur voyage
et leur déjeuner mais ayant passé une journée formidable avec les enfants je n’ai pas voulu marchander et comme de plus il me certifiait que lorsque tout serait développé il me les enverrait par la poste, il paraissait sincère, je lui ai donné l’argent.
Je n’ai jamais rien reçu. Je n’ai donc aucune image de cette journée mémorable.
Conclusion.
Certains hommes, dénués de tout scrupule, n’hésitent
pas à abuser de la confiance de celui qui leur tend la main.
Rectificatif.
Monsieur Chérif Labasse Seye, photographe à Guinguinéo, a certainement lu mon blog (http://mario.gasperini.over-blog.org/) où je le mets en cause pour des photos et CD non envoyés. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai eu une réponse le 28-04-07, c'est-à-dire près de 5 mois après avoir fait son travail.
Ce que je ne comprends pas la lettre qu’il m’a envoyée, à l’intérieur du paquet, date du 13 décembre 2006 et que celui-ci a été posté à Kaolack le 11-04-07 ?
Malgré ce retard et ces quelques erreurs je le remercie sincèrement de m’avoir expédié ces photos et le CD.
Il ne faut pas désespérer.
Je vais lire avec attention ce dossier.